Justice citoyenne

Pour une VIème République des Droits et Libertés du Citoyen

Publié le vendredi 12 mai 2006

Vendredi 12 mai 2006

La parole est aux justiciables en colère : 10-17 mai 2006 avec le Collectif Justice pour Tous.

Bernard MONNIER, militant, témoigne en direct de la Place du Châtelet à Paris :

Qu'elle soit cérébrale ou matérielle, 
la misère est le fondement de la société de l'argent !
 
(Le malade,  l'industrie première.) 


TOUT LE MONDE IL EST BEAU ! 

TOUT LE MONDE IL EST MALADE. 
Une population malade est une population soumise.
 
Le 12 05 2006
 

Une solution simple 
n'est pas obligatoirement mauvaise. 

Dans les salles annexes de l'Assemblée nationale,  ce jour-là,  c'est un colloque sur la « justice ».  Un cadre pré-électoral,  ce colloque est organisé par un candidat à la Présidence de la République. 


Les Présentations 
Les deux premières heures prennent la forme d'un grand déballage sur la justice.  Tout le monde a en tête la grande affaire.  Cette dernière faute grave judiciaire qui fait les choux gras des médias. 

Certains soulèvent le sujet de l'incapacité critique des jeunes juges d'instructions. 
Ne faudrait-il pas imposer aux jeunes magistrats des séjours préalables dans le monde du travail ?  Cela pour qu'ils aient une ouverture sur le concret de la société et que l'on puisse ainsi estimer leurs vraies valeurs face aux réalités du monde. 

Bien sûr,  cette question ne plaît pas à tout le monde.  Les magistrats présents s’efforcent de minimiser et de passer à autre chose.  Pour cela,  ils ont une bonne raison.  Le vide de capacité critique des juges n’est pas l'exclusivité des jeunes. 

Dans le cadre de cette grande affaire,  on parle aussi de la prison préventive qui n’est pas toujours justifiée et qui s’avère être quelquefois,  pour ne pas dire souvent,  abusive. 

Le reste n’est que pleurnicheries et grandes misères de la magistrature. 
On se croirait dans le métro à entendre des SDF faire la manche.  Les heures sup. des greffières ne sont pas payées,  les photocopieuses sont toujours en pannes,  etc.  etc. 
Vont-ils manger ce soir ?  Savent-ils où ils vont dormir ? 

À propos des photocopieuses toujours en pannes,  le magistrat oublie de dire que cela l’arrange bien,  lui.  De plus,  si d’aventure un justiciable pris à la gorge est contraint de payer 50 centimes d’Euro la photocopie,  argent qui ira remplir une caisse noire,  on trouvera bien une photocopieuse en état de fonctionner.  Bien sûr,  cela le magistrat ne l’a pas dit.  C’est moi qui invente ! 

Dans ce contexte pré-électoral,  le mauvais état de l’institution est poussé à l’extrême.  C’est l’intérêt.  Le dernier intervenant,  encore un magistrat,  s’en rend compte.  Il pense remonter la moyenne en annonçant :  « En France,  nous avons de la chance !  Nous avons des magistrats qui respectent les justiciables. »  Il déclenche une huée !  Quelqu’un demande à ce magistrat si un jour,  dans sa vie,  il a mis les pieds dans un tribunal ?  On peut en douter. 

À cette occasion,  on observe l’absence de justiciables à la tribune.  Pour la prochaine fois,  il faudra aussi veiller à interdire l’accès du colloque aux justiciables.  Une sorte de colloque à huis clos,  en quelque sorte.  (Parler au nom des autres pour mieux leur interdire la parole.  La chère vieille méthode de l’Abbé Pierre.) 

Je propose aussi aux associations de justiciables qu’elles effectuent des collectes de pièces jaunes au profit des magistrats.  Selon madame Chirac,  femme de l’actuel Président de la République,  les collectes de pièces jaune permettent d’offrir des gommes et des crayons aux enfants hospitalisés.  Si cela fonctionne pour les enfants dans les hôpitaux,  cela devrait aussi fonctionner pour les magistrats dans les tribunaux. 

Bref,  tout cela pour dire que les magistrats n’ont pas à se soucier de leur avenir.  Ils pourront toujours se recycler en faisant la manche. 


Les tables rondes 
Ici,  à l’Assemblée nationale,  on nomme cela des tables rondes.  Par ailleurs,  on prononce des ateliers.  Pour ma part,  j’appelle cela des discutions confettis. 
On choisit méticuleusement dans le paquet un confetti de la bonne forme et de la bonne couleur.  Le confetti doit être le plus petit possible.  Et,  on débat pendant une heures ou deux  à l’intérieur du confetti avec un orateur principale tout aussi bien choisi.  Autant dire que l’on assure la conclusion. 

Dans le monde des enquêtes judiciaires,  les enquêtes confettis,  on a la pratique.  Les enquêtes confettis permettent,  selon les besoins,  de conclure soit que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.  Soit de faire passer une personne ordinaire pour le dernier des pestiférés.  C’est au choix du confetti.  Bien sûr,  si l’on cherche à sortir du confetti,  il y a toujours un téléphone pour sonner,  une heure de repas appropriée et de toutes les façons,  on n’a pas le temps. 

Cela fonctionne bien pour les enquêtes judiciaires,  cela fonctionne pareillement pour les tables rondes.  Si les conclusions sont assurées,  en revanche les discutions manquent franchement d’intérêts.  L’après midi,  je profite d’un endroit calme pour piquer un petit roupillon.  Je n’ai pas l’impression d’avoir manqué quelque chose d’important. 

De tables rondes en tables rondes,  c’est ici une loi 1945 qui,  à l’origine,  donnait toutes satisfactions. 
Cette loi sera arrangée,  modifiée,  améliorée,  adaptée aux nouvelles circonstances des époques.  Et,  pour finir,  les intellectuels que l’on ferait mieux de payer à rester couchés,  pour faire toujours mieux,  s’y intéresseront. 
Bref,  la loi est devenue illisible,  incompréhensible par les professionnels eux mêmes.  Pour aider,  l’application de cette loi fait intervenir des équipements publics qui n’existent pas,  n’ont jamais existé et certainement n’existeront jamais.  On peut presque ajouter :  « heureusement ! » 

Du coup,  avec il est vrai une bonne dose de mauvaise fois et d’hypocrisie,  les magistrats nous expliquent encore qu’ils ne sont plus en mesure d’effectuer leur travail de magistrat.  Ils ne disposent plus de moyens pour juguler la délinquance juvénile.  Ils sont contraints de laisser les délinquants mineurs livrés à eux-mêmes en attendant leur majorité pour pouvoir enfin les mettre en prison.  (Pauvres magistrats !) 

Les pauvres magistrats oublient de dire que les délinquants mineurs ne sont pas seulement livrés à eux-mêmes.  Entre autre,  les jeunes sont aussi livrés à la manipulation des « intellectuels ».  Chacun se souvient encore de la façon spectaculaire avec laquelle les médias ont généré et orchestré les émeutes de novembre 2005. 

L’Aumônière des prisons 
Dans une autre table ronde,  le sujet confetti porte sur la prison.  À l’instant où je prends le sujet,  on annonce un aumônier de prison qui,  dans la circonstance,  est une femme. 

Cette aumônière fait son travail.  Elle nous brosse un tableau tout noir sur la prison.  Un tableau noir chargé de mensonges et d’hypocrisies flagrantes.  Même moi,  je ne peux répéter.  C’est tout dire ! 
La loi m’interdit de faire état de ce que je viens d’entendre.  Pour beaucoup moins,  certains se sont fait traîner,  à juste raison,   en justice par des syndicats de gardiens de prisons pas contents.  Je ne suis pas ici pour défendre les gardiens de prisons.  Moins encore,  pour leur donner du grain à moudre.  Sachant qu’en l’occurrence,  si je répète ce que je viens d’entendre,  le grain à moudre,  ce sera moi. 

Bref,  on constate encore qu’un aumônier,  femme de surcroît,  est au-dessus des lois et de tous les principes moraux. 
De plus, le monde des curés est vraiment un monde où les femmes ne se respectent pas. 

Il faut ouvrir là,  une parenthèse. 
Il faut rappeler que les curés vivent de la misère qu’ils produisent.  Et que,  si la pénibilité des réalités est insuffisante,  ils n’hésitent pas à rajouter une couche de noir artificiel. 

Le sujet de la prison est porteur. 
Il est bon de savoir que les prisons ne sont pas faites pour les gens qui sont à l’intérieur.  Les prisons sont faites pour ceux qui vivent à l’extérieur. 
C'est la raison pour laquelle toutes les occasions sont bonnes pour prononcer le mot : « Prison ». 
Dans cette optique,  toutes les détresses les plus imaginaires sont bonnes à rajouter.  Quant aux vraies détresses des personnes en prison,  on s’en fout ! 

Vient maintenant un « associatif ». 
Lui,  cet « associatif »,  dans le sujet confetti qu’est la prison,  il a trouvé un confetti encore plus petit mais,  ô combien lucratif.  C’est le confetti des cellules de prisons. 

L’associatif propose des solutions. 
Il a trouvé,  l’associatif !  Il suffit d’augmenter le nombre des prisons,  de construire des prisons avec d’avantages de cellules et d’augmenter aussi de quelques mètres carrés la surface des cellules.  De cette façon il règle le problème du mal-être dans les prisons. 
Supprimé,  le mal-être dans les prisons !  Les gens se précipitent,  on est obligé de refuser du monde.  Est réglé aussi le douloureux problème de la prison préventive.  Elle est pas belle,  la vie ! 

Bien sûr,  cet « associatif » fonctionne telle une entreprise privée au service du capital de la Dette publique.  À ce titre,  ce sera bien le seul intervenant de la journée qui ne se sera pas plaint d’un manque de trésorerie.  Il aurait pu ! 

Le Procureur de Lyon 
Pour la circonstance de ce colloque,  le Procureur de Lyon est monté à Paris.  Il risque de regretter d’être venu.  (Un colloque n’est pas un tribunal,  le public a droit à la parole.) 

Tout d’abord,  il s’étonne de la huée du matin.  Il ne comprend pas.  Il ne comprend pas pareille réaction quand un magistrat dit :  « En France,  nous avons de la chance !  Les magistrats respectent les justiciables ». 
Visiblement,  pour ce procureur,  l’émeute du matin lui est restée en travers.  À se demander si lui aussi est entré,  une fois dans sa vie,  dans un tribunal. 

-
Les arrangements occultes sur le dos du justiciable,  il ne sait pas. 
- Ces Présidents de chambres qui en séance,  provoquent,  insultent et contraignent par la menace le justiciable au silence,  il n’a ni vu,  ni entendu. 
- Ces dossiers trafiquées aux signatures falsifiées,  dossiers qui ont permis de détourner des montagnes argent social pour bâtir le capital de la Dette publique.  Cela en mettant à profit la détresse des personnes les plus démunies.  Des piles de dossiers pour des montagnes d'argent social,  il n’a ni vu,  ni entendu,  ni participé. 
Il nomme cela :  « Le respect du justiciable ». 

Tout cela entériné par des jugements dits :  « contradictoires,  rendus au nom du peuple français ».  Il ne peut pas tout savoir !  Lui,  il n’est que procureur. 

Irresponsabilité et incompétence des juges 
Pour ce que chacun nomme « irresponsabilité » pénale qui conduit à l’irresponsabilité tout court et aboutit de paire avec l’incompétence,  le procureur de Lyon prononce lui :  « Responsabilité et compétence ».  Tiens ?  C’est le même sujet ! 

Il explique généreusement,  le procureur de Lyon :  « Si l’on responsabilise pénalement de leur décisions des juges (vides de capacité critique)  il n’y a plus de justice possible ». 
Voilà qui est bien envoyé !  Il a bien fait de monter à Paris,  ce procureur de province. 

Bien sûr,  on est d’accord !  Il ne l’a pas prononcé :  « Vide de capacité critique ».  Mais,  comme ce sujet sensible venait d’être soulevé le matin même.  Il est à penser que le procureur aura déjà oublié.  Ou,  qu’il considère que le public présent n’est pas venu là pour écouter. 

Il n’a pas épuisé son temps de parole,  le procureur. 
Il meuble sur un sujet stérile,  interne à la magistrature.  Un sujet qui n’intéresse que des magistrats.  Et encore,  pas tous ! 
C'est du niveau :  « Faut-il remplacer le chauffage électrique par un chauffage au gaz pour avoir moins chaud ». 

Ne rigolez pas !  C’est le genre de procureur qui place sur les rails pour des années des dossiers stériles.  Des dossiers qu’il sait,  à l’avance,  n’aboutiront à rien. 
Pendant que par ailleurs,  il classe corbeille des tas de dossiers graves qui mettent en cause des notables locaux sous le prétexte que la justice est engorgée et que l’on ne peut pas juger tout le monde.  On devine qu’à Lyon,  les poubelles doivent souffrir d’indigestions. 
Et ce procureur là,  ne peut se justifier de l’excuse de la jeunesse.  Loin s’en faut ! 

Les conclusions 

Dans cette atmosphère étouffante,  un peu d’air frais nous viendra des conclusions de ce colloque.  Ces conclusions seront dites par un certain Nicolas Sarkozy  (Pour le cas où il y en a qui connaîtrait). 

Sarko n’a pas été présent de la journée.  Il n’a assisté à aucune des tables rondes.  Néanmoins,  il va répondre point par point à tout ce qui s’est dit.  Voilà l’intérêt d’un colloque bien organisé. 

L’intervention de Sarko est fouillée.  Sarko est pertinent,  il ne fait pas de concessions.  Mis à part quelques moments difficiles propres à faire pleurer dans les chaumières sur des sujets indispensables pour accrocher son électorat,  Sarko lui,  a recours à l’humour.  Ouf,  merci ! 
Voilà qui change de ces pisses vinaigre.  Hypocrites inféodés à une institution corrompue au Capital de la Dette publique. 

Dette publique entre les mains des bénéficiaires de la loi 1905.  Loi 1905 qui défiscalise les ressources des curés.  Sarko en connaît un bout sur la question mais il n'en dira rien.  On se contentera d'observer que les différents intervenants ont été particulièrement bien choisis. 

Je suis un temps surpris par la précision de l’intervention de Sarko.  Jusqu’à ce que j’apprenne que Sarko est magistrat de profession.  Bof !  Finalement,  il n’a pas de mérite. 

Au procureur de Lyon et à son problème de chauffage électrique ou au gaz,  Sarko répond.  Il a tranché,  lui.  Ce sera la séparation du Siège et du Parquet.  Ce n’était pas son jour,  au procureur de Lyon.  De mémoire,  il semble bien me souvenir que les doléances du procureur allaient dans un tout autre sens. 
Pour ma part,  après des années,  je ne savais même pas qu’il existait un Siège en plus du Parquet et que cela pouvait être la même chose. 

Pour finir,  Sarko nous dépeint une justice de conte de fée,  une institution judiciaire idéale avec des lois parfaites.  Mais,  il n’ira pas jusqu’à prendre le risque de se prononcer sur le mobilier humain.  Allez comprendre ? 

Oui !  Mais attention !  Il y a loin d’un discours pré-électoral à la concrétisation des paroles.  Notamment dans pareille institution et dans un tel monde. 

Ce monde où la croissance est une souveraine asservie au dieu PIB.  Ce monde où le grand capital,  le capital de la Dette publique,  est sous le contrôle des curés. 

Dans ce monde,  la production cérébrale ne sera jamais en mesure de lutter contre le poids de la production intestine. 

Face aux intellectuels,  ce n’est visiblement pas la première fois que Sarko croise le fer.  Dans le cours de son exposé,  Sarko utilisera l’expression :  « Une solution simple n'’est pas obligatoirement mauvaise ».  À cette expression,  certains ont applaudi.  Beaucoup n’ont pas compris.  Sans doute pas suffisamment compliqué. 

Signé : Bernard MONNIER, auteur et réinventeur de la méthode paranoïa-critique chère à Salvado DALI.

 La Libre Parole , Justice citoyenne & Le Lanceur d’Alerte :

Pas de blagues. Des blogues.
Libr'Op

Le Forum Justice auquel participent de nombreuses associations de défense des victimes du système judiciaire a pour objectif :

- d'informer et prémunir les usagers de la justice des trop nombreux dysfonctionnements de l'institution judiciaire,

- de faire connaître et reconnaître les victimes de ces dysfonctionnements, régulièrement rejetées par toutes les structures étatiques d'aide aux victimes telles que Inavem, Médiavip, etc.

- de faire en sorte que soit institué un droit à réparation pour ces victimes de l'institution judiciaire.

La présidente du Collectif est Chantal COTTET à qui revient tout le mérite des ces belles méritoires & actions.


Écrit par Lanceur d'Alerte | Permalien | Ajouter un commentaire |